PESSOASSION

Helmut Bürgel, directeur artistique du festival Stimmen Voices à Lörrach (Allemagne) a demandé à Jean-Claude Acquaviva de traduire en Corse et de mettre en musique trois textes de Pessoa.

Cette nouvelle création a été présentée durant le festival en juillet 2009. Les chanteurs d’A Filetta ont partagé la scène avec la musicienne Joana Aderi.




 
A FILETTA & KODO
    

A Filetta et Kodo, une rencontre pas si improbable que ça !

Par bien des aspects, ces deux ensembles ont connu des trajectoires qui se ressemblent :

L’ensemble Kodo est issu de Sado, une île du Nord du Japon, forte d’une tradition musicale chantée, jouée, dansée.

Des chants de pêcheurs aux danses féminines subtiles en passant par une maîtrise phénoménale de la percussion, cet ensemble a aussi, depuis maintenant trois décennies, enrichi cette tradition très enracinée de créations éclectiques ayant fait la part belle à des percussions monumentales orchestrées notamment par des compositeurs de musique contemporaine. Cette tradition renouvelée est aujourd’hui présentée sur les plus grandes scènes du monde !

A Filetta, ensemble polyphonique corse, parti lui aussi de la tradition vocale insulaire, s’est largement ouvert à d’autres genres (théâtre, cinéma, danse) et a créé en 30 ans un large répertoire explorant des voies et harmonies nouvelles.

Cette création prometteuse, se propose de « rapprocher » ces deux îles en conjuguant les talents.

Le spectacle envisagé se veut sobre mais puissamment visuel et mis en espace et mouvement par le chorégraphe belge et marocain Sidi Larbi Cherkaoui qui a lui-même collaboré avec ces deux ensembles lors de chorégraphies superbes ayant eu un retentissement international !

En faisant se croiser des pratiques vocales que tout oppose, en mêlant les harmonies complexes des uns et percussions phénoménales des autres, Cherkaoui fera danser les voix et les corps. Une nouvelle et belle esthétique en perspective.






 
MISTICO MEDITERRANEO

Sortie internationale de l'album le 24 janvier 2011, chez ECM Records.

www.ecmrecords.com

www.mondomix.com

 

PAOLO FRESU (trompette)

 

Il commence ses études musicales et la pratique de son instrument à 11 ans, dans l'orchestre municipal de sa ville natale, Berchidda.

En 1980, il découvre le jazz et commence son activité professionnelle. Le jazz ne le lâchera plus, pas plus qu'il ne lâchera le jazz !

Dès lors il enchaîne concerts, enregistrements, conduite de master-class, collaboration avec d'autres musiciens des plus talentueux : Gianluigi Trovesi, Rita Marcotulli, Antonello Salis, Flavio Boltro, Stefano Di Battista, Dado Moroni, mais aussi Michel Portal, David Liebman, Daniel Humair, Toots Thielemans, Omar Sosa, Lee Konitz, ou encore Bojan Zulfikarpacic, Gerry Mulligan et John Abercrombie …. La liste est loin d'être close!

Distingué par le prestigieux Django d'Or en France, en 1986, il est resté présent depuis lors, aux sommets des classements, soit comme meilleur musicien, soit pour ses productions discographiques. Pour Jazzman, il est classé parmi les 10 meilleurs musiciens de ces 10 dernières années.

Il a composé pour le théâtre, pour le cinéma ou pour la danse.

Ce touche-à-tout éclectique a une activité discographique intense avec plus de 270 disques et projets mixtes comme jazz et musique du monde.

Très intéressé et concerné par la Sardaigne, il préside aux destinées de l'association culturelle Time in Jazz de Berchidda, sa ville natale, qui organise le festival international Time in Jazz, ainsi que d'autres manifestations culturelles.

DANIELE DI BONAVENTURA (bandonéon)

Il nous vient des Marches, en Italie. Ce musicien éclectique manifeste un intérêt, toujours plus vif, pour la musique improvisée, malgré une formation musicale classique : dès l’âge de huit ans, il entamait des études de piano, de violoncelle, de composition et de direction d’orchestre.

Ses collaborations musicales balaient un large espace, allant de la musique classique à la musique contemporaine, du jazz au tango, de la musique ethnique à la world music, avec des incursions dans le monde du théâtre, du cinéma ou de la danse. Il a joué dans les principaux festivals italiens ou internationaux.

Il a collaboré avec une pléiade de musiciens, aussi divers et prestigieux que : Paolo Fresu, Oliver Lake, Rita Marcotulli, Omar Sosa, Toots Tielemans, Enzo Favata, Aires Tango, les Tenores de Bitti, Miroslav Vitous, Luis Agudo,  Elena Ledda ou encore A Filetta.

LE PROJET

Octobre 2006 : leur première rencontre, à l’Aghja (salle ajacienne). Francis Aïqui est alors à la judicieuse initiative d’une rencontre entre A Filetta et des musiciens de jazz.

De cette première, est née l’envie d’entamer un vrai travail avec Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura.

Depuis, quatre années se sont écoulées ; le jazzman de renom et « touche-à-tout » Paolo Fresu, le bandonéoniste et compositeur « habité » Daniele Di Bonaventura et le groupe de polyphonie corse A Filetta ont aimé développer et entretenir une évidente perception commune, un goût certain pour cet étonnant mélange. Les échanges incessants ont depuis renforcé les liens, précisé la relation, nourri l’imagination musicale et l’expression commune.




DI CORSICA RIPOSU, REQUIEM POUR DEUX REGARDS

O’ notte di i mei

Bocca senz’età

Hè dunque vera chì l’orma toia

In lu nostru fiatu si stà ?

 

O’ nuit des miens

Bouche sans âge

Est-il donc vrai que ton empreinte

Habite notre souffle ?

 

 Lorsque le chant évoque la mort, ne célèbre-t-il pas la vie ?

« Ce qui ne meurt pas ne vit pas » (Jankélévitch).

De tous temps, en Corse, la tradition a consacré une place importante au culte des morts.

Depuis plus de trente ans maintenant, bien des ensembles de l’île ont révélé au grand public l’existence de ces requiems traditionnels interprétés en polyphonie (Rusiu, Sermanu, Ascu, Olmi cappella, Sartè, Calvi, …).

Le groupe A Filetta a essayé à sa façon de contribuer à la sauvegarde du patrimoine oral insulaire en intégrant notamment des influences nouvelles. C’est ainsi que ses rencontres avec d’autres artistes sardes, grecs ou géorgiens, sa collaboration avec Bruno Coulais, Paolo Fresu, Daniele di Bonaventura ou Danyel Waro, ont donné à  sa personnalité un profil nouveau.

Aujourd’hui, ces chanteurs qui se refusent à être les gardiens d’un quelconque temple, cultivent par le truchement de leurs compositions, l’idée d’une tradition prolongée, renouvelée et ouverte, ancrée dans la mémoire, certes, mais dont les développements seraient sans complexes. Exercice difficile, sans doute, mais indispensable à la permanence d’un rêve : celui d’entretenir leur enthousiasme tout en n’altérant pas leur sincérité.

 « Di Corsica riposu, Requiem pour deux regards » est une création commandée par le festival de Saint-Denis ; une œuvre pour sept voix, récitant et bandonéon.






A FILETTA & DANYEL WARO
    

Danyel Waro habite dans les hauts de Saint-Paul avec vue plongeante sur l’océan indien. Dans sa petite cour, il fabrique les instruments du maloya : le kayanm, un instrument plat fabriqué à partir de tiges de fleurs de canne et rempli de graines de safran sauvage, le bob fait d’une corde tendue sur un arc et d’une calebasse comme caisse de résonance, et le roulér, gros tambour monté à partir d’une barrique sur laquelle on tend une peau de bœuf.

Chanteur et poète, Danyel Waro fait danser le créole au bord de la transe : « Pour moi le maloya, c’est d’abord le mot », précise-t-il. « Je cherche la cadence, l’image, le rythme dans le mot. Le maloya m’a remis en accord avec la Réunion, notre langue, et notre bâtardise ».

 « La mer où l’enfant va rêver »

[…]“Ecoutant ruisseler mes tambours

Attendant l’éclat brusque des lames

L’éveil sur l’eau des danseurs

Et des chiens qui entre les jambes regardent

Dans ce bruit de fraternité

La pierre et son lichen ma parole

Juste mais vive demain pour vous

Telle fureur dans la douceur marine,

Je me fais mer où l’enfant va rêver. »

Edouard Glissant – extrait de : « Un champ d’îles »

En 2003, Danyel Waro était invité aux XVèmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi. Au-delà de la musique, au-delà de la voix, c’est sa parole qui nous toucha : parole d’île, de terre et d’eau, de liberté, de colère et d’humanité. Cette parole, il l’échangea avec Jean Claude Acquaviva. « Il l’échangea » ? Quel vilain mot ! Point de troc, pourtant, entre ces deux là : juste « la fraternité » dont parle Edouard Glissant, et le désir de faire de leur chant « la mer où l’enfant va rêver. »

En 2008: Rencontre avec le chanteur réunionnais Danyel Waro autour d ‘une résidence à Calvi à l’occasion de la 20ème édition des Rencontres de Chants Polyphoniques et des 20 ans du festival Africolor.