REPERTOIRES SUR DEMANDE



PUZ/ZLE (CHORéGRAPHIE : SIDI LARBI CHERKAOUI)

Dans Puz/zle, Sidi Larbi Cherkaoui revient de manière plus abstraite sur les notions de pluralité et de diversité enracinées dans nos mécanismes de pensée et sur la question complémentaire de la façon dont les choses s’entremêlent pour créer une nouvelle identité distincte (comme dans un puzzle). Sidi Larbi Cherkaoui cherche à comprendre pourquoi certaines connexions parviennent à s’établir et constituer un ensemble organique, tandis que d’autres échouent. Il se demande aussi si l’échec relève véritablement du ratage ou s’il se situe uniquement au niveau de notre perception de l’ordre et du désordre. Il s’efforce dès lors de questionner l’importance apparente de l’ordre et de la linéarité, et de découvrir s’il existe plus d’un moyen de résoudre un puzzle, raconter une histoire, vivre le moment.

Sidi Larbi Cherkaoui souhaite sonder et mettre en lumière les puzzles qui se dissimulent derrière les relations humaines (tant émotionnelles, intellectuelles que sexuelles), derrière la morphologie du corps et derrière l’intangible, comme la musique qui s’inspire de traditions multiples et dont la composition puise dans des sources diverses (ainsi, une composition liturgique espagnole peut avoir des racines arabes, ensevelies dans les sables du temps). Accompagné sur scène de l’ensemble polyphonique corse A Filetta (ses compagnons dans Apocrifu et In Memoriam), de la chanteuse libanaise Fadia Tomb El-Hage (que l’on a pu voir dans Origine) et le percussionniste et flûtiste japonais Kazunari Abe, Sidi Larbi Cherkaoui analyse la façon dont une chanson ou une composition peut provenir de plusieurs sources à la fois : religieuses et profanes, chrétiennes et musulmanes, etc. Il se penche également sur le fait que les traditions que nous cata- loguons si facilement d’occidentales ou d’orientales sont nettement moins définies et univoques qu’on ne peut le penser. Le chorégraphe rend ainsi hommage à cette imperfection exquise qui donne corps à nos vies et notre planète.

Chorégraphie: Sidi Larbi Cherkaoui

Composition musicale: Jean-Claude Acquaviva, Kazunari Abe, Olga Wojciechowska

Musique additionnelle: Bruno Coulais, Tavagna et musiques traditionnelles de Corse, du Japon et du Moyen-Orient

Scénographie: Filip Peeters et Sidi Larbi Cherkaoui Lumière: Adam Carrée Vidéo: Paul Van Caudenberg Costumes: Miharu Toriyama Consultant artistique: Damien Jalet Conseil artistique: Guy Cools, Anne-Marie Lambrechts, Gabriele Miracle Conseil musical: Olga Wojciechowska Conseil costumes & habilleuse: Elisabeth Kinn Svensson

Régie son: Jens Drieghe Régie son A Filetta: Rémi Grasso Assistanat à la chorégraphie et répétitrice: Nienke Reehorst Assistants chorégraphes: Jon Filip Fahlstrøm, Helder Seabra

Danseurs: Navala Chaudhari, Leif Federico Firnhaber, Damien Fournier, Ben Fury, Louise Michel Jackson, Kazutomi Kozuki / Nicola Leahey, Sang-Hun Lee, Valgerdur Rúnarsdóttir, Helder Seabra, Elie Tass, Michael Watts

Musiciens: A Filetta (Jean-Claude Acquaviva, Ceccè Acquaviva, Jean-Luc Geronimi, Paul Giansily, Jean Sicurani, Maxime Vuillamier), Kazunari Abe, Fadia Tomb El-Hage

Equipe technique: Sharp, Mathias Batsleer Photographe: Koen Broos

Production: Eastman Coproduction: Festival d’Avignon, De Singel International Arts Campus – Anvers, Sadler’s Wells – Londres, Opéra de Lille, Theaterfestival Boulevard – ‘s Hertogenbosch, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, La Filature Scène nationale – Mulhouse, Festspielhaus - Sankt-Pölten, Fondazione Musica per Roma, düsseldorf festival!

Avec le soutien de : De Warande – Turnhout


 
 




DI CORSICA RIPOSU, REQUIEM POUR DEUX REGARDS

O’ notte di i mei

Bocca senz’età

Hè dunque vera chì l’orma toia

In lu nostru fiatu si stà ?

 

O’ nuit des miens

Bouche sans âge

Est-il donc vrai que ton empreinte

Habite notre souffle ?

 

 Lorsque le chant évoque la mort, ne célèbre-t-il pas la vie ?

« Ce qui ne meurt pas ne vit pas » (Jankélévitch).

De tous temps, en Corse, la tradition a consacré une place importante au culte des morts.

Depuis plus de trente ans maintenant, bien des ensembles de l’île ont révélé au grand public l’existence de ces requiems traditionnels interprétés en polyphonie (Rusiu, Sermanu, Ascu, Olmi cappella, Sartè, Calvi, …).

Le groupe A Filetta a essayé à sa façon de contribuer à la sauvegarde du patrimoine oral insulaire en intégrant notamment des influences nouvelles. C’est ainsi que ses rencontres avec d’autres artistes sardes, grecs ou géorgiens, sa collaboration avec Bruno Coulais, Paolo Fresu, Daniele di Bonaventura ou Danyel Waro, ont donné à  sa personnalité un profil nouveau.

Aujourd’hui, ces chanteurs qui se refusent à être les gardiens d’un quelconque temple, cultivent par le truchement de leurs compositions, l’idée d’une tradition prolongée, renouvelée et ouverte, ancrée dans la mémoire, certes, mais dont les développements seraient sans complexes. Exercice difficile, sans doute, mais indispensable à la permanence d’un rêve : celui d’entretenir leur enthousiasme tout en n’altérant pas leur sincérité.

 « Di Corsica riposu, Requiem pour deux regards » est une création commandée par le festival de Saint-Denis ; une œuvre pour six voix, récitant et bandonéon.


Extraits audio
Cliquez sur un extrait :
- Miserere
- Lacrymosa

: aucun


 
 




APOCRIFU

Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui
Danseurs :
Sidi Larbi Cherkaoui
Dimitri Jourde
Yasuyuki Shuto
Chanteurs : A Filetta

Scénographie Herman Sorgeloos
Costumes Dries Van Noten
Marionnette de type Bunraku Filip Peeters
Assistant à la chorégraphie Satoshi Kudo

Coproduction La Monnaie, Festival de danse de Cannes

 « La vie humaine est mystérieuse car les êtres humains ne sont pas assez forts pour vivre et mourir uniquement pour eux-mêmes. Ils veulent toujours vivre pour l’un ou l’autre idéal et en ont bien vite assez de vivre seulement pour eux-mêmes. C’est de là que naît le besoin de mourir pour quelque chose, pour une « grande cause », comme les gens disaient. Dans le passé, on considérait cela comme la manière la plus glorieuse, la plus héroïque et la plus éblouissante de mourir. » (Yukio Mishima)

Dans l’histoire de la danse, peu de chorégraphes peuvent se targuer d’avoir été aussi prolifiques que Sidi Larbi Cherkaoui : Apocrifu est sa quinzième production en moins de sept ans.
Son œuvre se distingue notamment par l’éclectisme et la diversité affichés dans le langage des formes et les idiomes de mouvements ainsi que par la cohérence et la consistance du contenu. Les diverses productions se lisent comme les chapitres d’un seul et même roman historique. Et plus nous avançons dans ce roman, plus il semble réaliser son ambition de réécrire l’histoire de plusieurs millénaires de domination de l’Occident, pour en faire un récit sans hiérarchie jetant de nouvelles passerelles vers les anciennes cultures du Sud et de l’Orient.

Apocrifu a été créé à la Monnaie quelque deux mois après Myth, sa première production pour le Toneelhuis. Myth peut être vu comme une sorte de synthèse provisoire de l’univers musical et chorégraphique de Sidi Larbi : épique par la trame des histoires qui y sont compilées, et baroque par le langage imagé et hiérarchisé qu’il développe.

Sidi Larbi y souscrit à l’idée développée par Joseph Campbell et Stanley Keleman dans leur ouvrage intitulé Myth and the Body, selon laquelle tous les mythes ont en définitive un rapport avec le corps : naissance, croissance, transformation et mort. Ou encore que les récits et l’imagerie mythiques ont pour fonction de « présenter des images évocatrices, touchantes, qui résonnent au plus profond de ce qui nous anime, pour ensuite émerger de nous et se transformer en action ».

Dans le processus créatif de Sidi Larbi, le savoir et l’expérience se transmettent avant tout par des processus physiques et somatiques. Son travail questionne et critique la supériorité de l’esprit et le rationalisme de la pensée occidentale, la négation du corps dans la plupart des religions ainsi que le pouvoir et la manipulation de la « parole écrite » dans notre société de savoir.

À la fin de Myth, la scène apocalyptique du retour d’un Christ crucifié en jeans – « le Christ en chacun de nous » – est précédée par une sorte de parabole : un bibliothécaire à petites lunettes ployant littéralement sous le poids de son savoir encyclopédique.

Apocrifu commence là où Myth se terminait, avec une interrogation supplémentaire sur le pouvoir de l’« Écriture ». De Marx à Mao en passant par Hitler, de la Bible au Coran, toutes les grandes idéologies et religions mondiales se fondent sur des « saintes Écritures » et ne jurent que par elles. Elles sont révérées et adorées. En leur nom, on expurge et condamne les hérétiques. Ce sont elles qui indiquent la voie...

La parole écrite « fige » une praxis vivante en dogme purement théorique, permettant de domicilier les autres centres de savoir du corps ou encore de tenter de convaincre et soumettre l’« autre ». On se réfugiera derrière ce dogme et on l’utilisera pour échapper à ses responsabilités.

Par l’étude des sources historiques, les théologiens contemporains démontrent que la prétendue unicité de la seule et véritable « parole sacrée » se fonde sur des textes apocryphes, rejetés, de l’autre, s’inspirant eux-mêmes de ce que l’on qualifie de traditions païennes. Toute croyance évoquant une origine propre, unique et authentique est en soi une histoire mythique.

Dans le sillage de philosophes tels que Dan Dennett et Richard Dawkins, Sidi Larbi voit une grande partie de l’humanité succomber à des « idées contagieuses qui, à l’instar de virus, kidnappent notre pensée ». À ces « grandes vérités », il oppose la relativisation, l’équivalence de toutes les cultures et celle des textes apocryphes ; la nécessité pour chaque individu d’assumer sa propre responsabilité et de se tenir littéralement sur ses propres jambes ; la croyance en les autres centres de connaissance du corps, considérant qu’une jambe et un pied contiennent autant de savoir que le cerveau ; et l’importance d’une tradition vivante, orale et physique telle que celle véhiculée et transmise par la danse et la musique polyphonique.

Bruxelles, août 2007
Guy Cools
Guy Cools est dramaturge. Il a collaboré à la création de nombreux spectacles de danse et a écrit des textes importants sur Sidi Larbi Cherkaoui.

Septembre 2007: « Apocrifu » présenté au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles.


 
 


©Didier D. Daarwin - AKA Design


A FILETTA EN CONCERT - CASTELLI

Ce concert se veut le reflet fidèle du riche parcours d'A Filetta et consiste en la présentation de leur dernier enregistrement : « Castelli » paru chez World Village / Harmonia mundi le 25 août 2015.


Castelli …
Les châteaux…
Les "castelli" chantés ici par A Filetta, concert a cappella pour six voix d’hommes, ne font pas référence qu'à des édifices du passé ou des lieux de mémoire dominant l’Histoire, mais aussi à des châteaux en Espagne, à des châteaux de sable ou de cartes… impermanence. 
Ce nouveau programme, résonne comme autant de questionnements sur le rêve, la nostalgie, l’illusion, l’utopie, le sens de la vie : que reste t-il de tout ce que vous m’aviez dit ? Que reste t-il de tout ce que nous avons construit ou peut être même que nous pensions avoir construit ? Est-il encore des interstices à découvrir, des espaces à imaginer, d’autres édifices à concevoir ? 

Au fil de pièces sacrées et profanes écrites pour le théâtre, la danse et le cinéma, on y croise autant Shakespeare et Fernando Pessoa que des anonymes, tous étant animés d'une même vision humaniste.
Dans une approche musicale ouverte qui jongle avec mémoire, nostalgie et utopie, ces chants questionnent aussi le sens de la vie et sont comme un écho à cette phrase universelle de Jorge Luis Borges : « Au fond, je suis tout ce que j’ai perdu » !


Extraits audio
Cliquez sur un extrait :
- Gradualia 29/12

: aucun


 
 


creation site internet en corse : www.castalibre.com
HOME REPERTOIRES DISPONIBLES REPERTOIRES
SUR DEMANDE
AU COURS DES ANS CALENDRIER DISCOGRAPHIE ET BOUTIQUE RENCONTRES DE CHANTS POLYPHONIQUES ESPACE PRO CONTACTS & PARTENAIRES